ODAMADO

FR, 2024 - 26'

"Une photo de mon frère et moi dans le jardin, un enregistrement de ma grand-mère qui chante, une lettre écrite un an après sa mort : 200 ko de données stockées dans de l’ADN, le disque-dur du futur. Mes souvenirs ont pris une forme physique, ils sont en poudre au fond d’un tube, stables pour l’éternité. ODAMADO, manuel imparfait pour apprendre à stocker nos souvenirs dans l’ADN".

A family picture in the garden, a recording of my grandma singing, a letter written to her one year after she died : 200 kB data stored in DNA, the hard drive of the future. My memories materialised in a powder at the bottom of test tube, stable for eternity. ODAMADO, an imperfect manual for storing memories into DNA.

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Quelle serait la matérialité compressible d’un souvenir ? Émilien Dubuc ne s’émeut pas de l’arbitraire d’une sélection, de ce qu’il faudrait garder ou oublier, mais invente une méthode en prenant à corps le codage d’ADN pour stocker 200 kilooctets d’évocations de sa grand-mère. Cette technologie aux atours de science-fiction devient alors un cadre, un dispositif pour ouvrir nos questionnements mémoriels à l’ère du tout-numérique et la data, mais surtout de leur compression. Celle-ci ne serait alors plus une fatalité de la perte, mais un élan contraint : que conserver pour continuer à faire exister ? En jouant des co-actions esthétiques imposées par cette injonction de compression, ODAMADO saisit la texture même de son opération, à la hauteur d’une donnée et de ses potentialiés cinématographiques, en pleine conscience de son vertigineux enjeu formel, mais en gardant les limites de son langage. Parler de ses morts n’est alors plus une question de filmer la douleur, du vivant ou du mort, mais de le transformer en données finies, et la chorégraphie émotionnelle et technique qu’elle implique. - Vivien Ghiron

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Festivals :

  • Film Fest Gent 2025
  • 25fps 2025

Revue de presse :